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>>Création d’un Conseil de presse, synthèse de la journée du 13 juin...

13 juin 2013

Christian Gautellier, président d’Enjeux e-médias, lors d’une des tables rondes a souligné l’urgence "citoyenne" et donc démocratique de créer une instance de co-régulation journaliste, éditeurs de presse et citoyens...

Notamment pour répondre à la défiance du public vis à vis des médias d’information et créer un espace de dialogue avec la société civile. L’enjeu est citoyen au regard de la place des médias d’information aujourd’hui dans notre démocratie. Elle a réaffirmé la nécessité d’une vraie présence des citoyens dans une telle instance tripartite, journaliste, éditeurs et société civile.

Voici la synthèse des débats...

A l’issue de 5 heures de table ronde et de débats, il revenait à Loïc Hervouët de dégager les temps forts de ce qui s’est dit ce mercredi 13 juin dans l’amphithéâtre « gestion » de la Sorbonne. En 2010, on avait dressé une liste des convergences, divergences, émergences, et des urgences. On ne les répétera pas : elles restent valables pour l’essentiel (voir bulletin n°2 de l’APCP).

La liste proposée en synthèse aujourd’hui pour cette journée du 13 juin portera sur des ambiguïtés levées, des avancées dégagées, des opportunités fléchées, et enfin des points de passage obligés, fussent-ils malaisés.

Ambiguïtés levées, définitivement levées

  • Confusion du projet avec celui d’un Ordre : hors sujet pour mille raisons, dont celle que les journalistes n’exercent pas une profession libérale, mais, même pigistes, sont des salariés.
  • Assignation d’un rôle de tribunal : le conseil proposé ne revendique ni n’assume aucune fonction coercitive, il se situe dans le domaine pédagogique et incitatif.
  • Solution miracle : le conseil n’est pas LA solution, mais un des éléments de la solution, un des outils de progrès et de reconquête de la confiance. Qu’on se le dise : celui qui jouerait encore de ces confusions destinées à nuire commettrait une désinformation relevant sans conteste de la dénonciation au conseil de presse. :-) Retenons en souriant la définition belge d’un "gendarme sans matraque".

    Avancées dégagées

Ce sont en quelque sorte les particules élémentaires constitutives d’une instance.

  • Un consensus syndical affirmé autour de textes de référence convergents, avec une mobilisation actée du premier d’entre eux, le SNJ
  • Un accord conceptuel sur la vocation nécessairement globale et multimédia d’une telle instance, consacrée à toutes les formes de l’information, écrite, audiovisuelle et numérique
  • Un consensus réitéré sur la nécessaire participation du public à une telle instance.

    Opportunités fléchées

Elles pourraient aider à construire la plateforme, et donner le sens du combat :

  • Montée inéluctable du besoin de médiation, des instances de médiation, dans tous les secteurs de la société.
  • Exemplarité de certaines initiatives comme celles du dispositif créé au Monde, avec à la fois des textes de référence, des procédures et des dialogues programmés ou encore les travaux de recensement et de réflexion de l’ODI (Observatoire de l’information).
  • Mobilisation européenne pour des conseils de presse : l’initiative européenne pour généraliser ces instances de médiation repose sur l’expérience des conseils existant dans 19 pays sur26.
  • Révision des aides à la presse en France : le réexamen de leur justification passe par un supplément d’âme quant à la prise en compte de l’intérêt général, donc des préoccupations d’ordre déontologique.
  • Refonte des attributions du CSA : ce réexamen des fonctions et de la composition de cet organisme, qui s’est auto attribué une vocation déontologique, met à l’ordre du jour la question de la régulation, donc celle d’un conseil de presse.
  • Dynamisme des instances francophones, au Québec historiquement, très bientôt au Canada, actuellement en Suisse et en Belgique. Et si la France découvrait la modestie de s’inspirer de ce qui réussit ailleurs ?
  • Engagement sans précédent du parti majoritaire au Parlement sur l’intérêt d’un conseil de presse.

    Point de passage obligés

Comme pour la Grèce, la déploration ne suffit pas. Il faut donc baliser la navigation vers le rivage à travers quelques passes obligées, et néanmoins malaisées :

  • Il faut trouver les moyens de fracturer l’opposition larvée d’une majorité d’éditeurs, au-delà des francs-tireurs aujourd’hui favorables : montrer que la vertu est payante, en tout cas nécessaire : une rencontre avec les patrons anglais qui ont de nouveau préféré l’initiative plutôt que l’attente de projets gouvernementaux ? Une invitation des éditeurs belges ou suisses, pour témoigner que le conseil de presse n’est pas le diable venant prendre le pouvoir dans les médias ? Une pression des politiques pour faire accepter le principe d’une contrepartie à l’aide publique ?
  • Il faut trouver les moyens d’instaurer sur ce sujet un dialogue constructif entre journalistes et éditeurs ... qui aura bien besoin d’une instance de médiation.
  • Deux passages obligés sont à franchir : dépasser l’opposition larvée des patrons de presse en leur démontrant que c’est une nécessité et un plus pour leurs entreprises ; mener le dialogue indispensable entre syndicats de journalistes et éditeurs.

L’APCP rendra compte très prochainement d’une façon plus complète sur ce site et dans son prochain bulletin de chacune des trois tables rondes, des interventions des « témoins » et des débats de cet après-midi. Des vidéos des intervenants seront mises en ligne sur le site de nos amis de Journalisme et Citoyenneté, qui réunit chaque année les Assises Internationales du Journalisme et de l’Information.



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